La 9e édition de l’enquête statistique «Solidarité Genève Sud» a été présentée le 13 octobre 2026, à la Tour en Communs, lors d'un événement organisé en partenariat avec le Club suisse de la presse et la Fondation La Tour en Communs qui a rassemblé plus de 100 personnes sur place et en ligne. Menée tous les cinq ans par la FGC depuis 1985, cette enquête a été publiée à l’occasion du 60e anniversaire de la Fédération.
Le baromètre 2025 de l’engagement des collectivités publiques genevoises dans la solidarité internationale fait apparaître un bilan contrasté. D’un côté, les financements augmentent fortement pour atteindre près de 40 millions de francs (+26,6%), marquant un progrès significatif. Mais en parallèle la dynamique du 0,7% s’essouffle.
Publication du baromètre 2025 de la solidarité internationale à Genève
En 2025, les collectivités publiques genevoises ont consacré 39,5 millions de francs à la solidarité internationale, soit 8,3 millions de plus (+26,6%) qu’en 2020, date de la dernière enquête Solidarité Genève Sud. Cette progression est nettement supérieure à celle enregistrée entre 2015 et 2020 (+4,3%). Le Canton de Genève contribue à cette somme pour 22,7 millions de francs, les communes genevoises hors Ville de Genève pour 8,64 millions, et la Ville de Genève pour environ 8,2 millions.
Comme lors de l’édition précédente, cette progression s’explique principalement par l’augmentation des contributions du Canton, due notamment à un crédit extraordinaire de 5 millions de francs voté par le Grand Conseil en 2025 et destiné à l’aide humanitaire pour la population des Territoires palestiniens occupés.
L’évolution du financement de la solidarité internationale à Genève est également positive en termes de montants par habitant·e. Le Canton atteint 42,24 francs par habitant·e, contre 34,91 francs en 2020. La Ville de Genève passe de 34,75 à 38,83 francs. Pour les communes, la moyenne atteint 23,86 francs, contre 21,15 francs en 2020.
Ces hausses témoignent d’une volonté politique de soutien à la solidarité internationale qui demeure forte dans un contexte marqué à la fois par l’accumulation des crises et des conflits, et par de fortes diminution des budgets de la coopération au niveau international, européen et fédéral.
Recul du 0,7%
Malgré ces progrès, un indicateur important évolue en sens inverse: le nombre de communes consacrant au moins 0,7% de leurs charges de fonctionnement à la solidarité internationale décline de 13 à 7, alors que ce chiffre fait office de boussole politique à Genève depuis 25 ans. Les communes de cette catégorie ne représentent plus que 17% des 42 communes ayant répondu à l’enquête, contre 30% en 2020. La catégorie comprise entre 0,40% et 0,69% devient la plus importante, avec 18 communes (43%) représentées.
Le Canton maintient un engagement à 0,21% malgré la Loi cantonale sur le financement de la solidarité internationale. La Ville de Genève, quant à elle, a poursuivi ses efforts, atteignant 0,69%.
Rappelons que l’objectif de 0,7% fait office de boussole pour l’ensemble des collectivités publiques genevoises depuis 2001.
L’aide humanitaire progresse dans le sillage des crises
La période actuelle, caractérisée par des conflits majeurs, en particulier au Moyen-Orient, entraîne nombre de répercussions quant au financement de la solidarité internationale.
La répartition des financements par catégories d’action montre clairement une évolution des priorités. Si la coopération au développement reste la première catégorie, avec 16,1 millions de francs (43%), sa part recule par rapport à 2020. Dans le même temps, afin de répondre aux crises, l’aide humanitaire atteint 13 millions de francs (35%), en hausse de 78% (+5,7 millions). Les droits humains, la promotion de la paix et la résolution des conflits représentent 6,75 millions (18%), tandis que la sensibilisation représente 1,29 million (4%).
Les enjeux géopolitiques ont aussi un impact sur la répartition régionale des financements. Une nouvelle catégorie «Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)» représente désormais 19% des contributions, soit environ 7 millions de francs, dont quelque 5,3 millions pour les Territoires palestiniens occupés. Néanmoins, l’Afrique subsaharienne reste la première région bénéficiaire avec 11,4 millions de francs (31%), suivie par l’Amérique latine (19% des fonds).
Au total, environ 1 350 subventions ont bénéficié à 336 organisations.
Points d’attention pour la FGC
Sur la base de ces résultats, deux points d’attention émergent:
- d’une part, au vu de l’augmentation de la part des montants attribués à l’aide humanitaire, la FGC invite les collectivités à préserver un équilibre entre la réponse aux situations d’urgence et un engagement durable en faveur de la coopération au développement. Cette dernière améliore à moyen et long terme les conditions de vie des populations les plus vulnérables s’agissant de l’accès à l’éducation et à la formation, à la santé, à l’eau, à l’emploi ainsi qu’à la sécurité alimentaire notamment. Elle crée ainsi des conditions favorables à la prévention des conflits et à la paix;
- d’autre part, l’érosion du 0,7%, notamment parmi les communes genevoises, incite à la vigilance sur l’avenir des fonds publics destinés à la coopération internationale. Dans une période de restriction budgétaire attendue, cet objectif représente une assurance que les collectivités publiques maintiendront un engagement proportionné en regard de leur budget et ne feront pas de la solidarité internationale une variable d’ajustement.
Dès lors, la FGC appelle les pouvoirs publics à poursuivre l’objectif du 0,7%, cette valeur représentant une boussole à la hauteur des ambitions de Genève, de sa vocation et de sa place dans le monde.
Deux formats pour une statistique
Les statistiques Solidarité Genève Sud sont publiées sous deux formats: une brochure comprenant les principaux résultats (et une publication interactive en ligne (e-book) présentant les données dans leur intégralité ainsi que des possibilités de comparaison.
