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Conférence de presse de présentation des statistiques 2025 de la solidarité internationale à La Tour en Communs. © David Wagnières

L'événement, organisé au Balcon de la Tour en Communs, a été ouvert par Dominique Rossier. La présidente de la FGC a rappelé que l'enquête 2025 «est ancrée dans un environnement géopolitique fragmenté et instable, marqué par de nombreux conflits ainsi qu'une aggravation des catastrophes naturelles dues en grande partie au changement climatique». Tous les cinq ans depuis 1985, l'étude statistique menée par la FGC mesure l'engagement du Canton, de la Ville et des communes genevoises dans la coopération internationale et fournit ainsi un précieux baromètre de la solidarité internationale aux acteurs politiques et aux citoyen·ne·s. 

La secrétaire générale de la Fédération, Catherine Schümperli Younossian, a exposé les principaux enseignements de l'enquête 2025 en s'appuyant sur l'e-book interactif, un puissant outil en ligne permettant de visualiser l'ensemble des données 2025 et d'opérer des comparaisons, par exemple entre différentes collectivités publiques. Quels sont les montants accordés en 2025 par les collectivités publiques genevoises à la politique de coopération internationale? Quelles ONG reçoivent ces financements? Dans quels pays ces montants permettent-ils de financer des projets et de quelle nature? Telles sont quelques unes des questions auxquelles l'enquête répond.

La conseillère d'État Nathalie Fontanet, la conseillère administrative de la Ville de Genève, Joëlle Bertossa, ainsi que la représentante de l'Association des communes genevoises (ACG), Laurence Miserez, ont ensuite commenté les résultats du point de vue de leurs collectivités publiques respectives. La modération a été assurée par Géraldine Savary, directrice du Club suisse de la presse, partenaire de l'événement aux côtés de la Fondation La Tour en Communs. 

Catherine Schümperli Younossian, secrétaire générale de la FGC, présente les résultats du baromètre 2025 de la solidarité internationale à Genève. © David Wagnières

Bilan contrasté

Le baromètre 2025 «révèle une réalité nuancée, faite à la fois de progrès significatifs, de transformations profondes et de défis persistants», a expliqué Catherine Schümperli Younossian. S'agissant des résultats encourageants, les financements augmentent fortement pour atteindre près de 40 millions de francs (+26,6%). Le Canton de Genève contribue à cette somme pour 22,7 millions de francs, les communes genevoises hors Ville de Genève pour 8,64 millions, et la Ville de Genève pour environ 8,2 millions. «Cette hausse témoigne d'une volonté politique qui demeure forte dans un contexte international marqué par l'accumulation de conflits et de catastrophes humanitaires», estime la secrétaire générale. Second point positif: les montants par habitantes et habitants augmentent également. «Cette hausse concerne notamment le Canton qui - après une période d'une quinzaine d'années de stabilité - a atteint plus de 42 francs par habitant et habitante en 2025. La Ville atteint près de 39 francs par habitant·e et s'agissant des communes, la moitié d'entre elles sont à plus de 21 francs.»

En parallèle toutefois, la dynamique du 0,7% s’essouffle: le nombre de communes consacrant au moins 0,7% de leurs charges de fonctionnement à la solidarité internationale décline de 13 à 7, alors que ce chiffre fait office de boussole politique à Genève depuis 25 ans. Les communes de cette catégorie ne représentent plus que 17% des 42 communes ayant répondu à l’enquête. La catégorie comprise entre 0,40% et 0,69% devient la plus importante, avec 18 communes (43%) représentées. Le Canton maintient un engagement à 0,21% malgré la Loi cantonale sur le financement de la solidarité internationale. La Ville de Genève, quant à elle, a poursuivi ses efforts, atteignant 0,69%. 

Comment expliquer ce paradoxe? «L'augmentation globale des charges de fonctionnement du Canton et des communes genevoises a permis une hausse des montants dédiés à la solidarité internationale. Toutefois, certaines communes n'ont pas entièrement répercuté cette progression des charges sur les fonds dédiés à la solidarité. Ceci induit une baisse du pourcentage consacré à la coopération internationale de certaines collectivités publiques, a expliqué Catherine Schümperli Younossian. Or, pour la FGC, l'objectif du 0,7% doit rester une boussole pour l'avenir afin de garantir une certaine stabilité des fonds.» Pour la secrétaire générale, «la solidarité internationale ne se résume pas à des transferts financiers, elle est avant tout une relation de confiance, d'échanges, de réciprocité entre des acteurs engagés pour le bien commun. Elle constitue un investissement dans un avenir commun plus juste, plus stable et plus humain». 

Parmi les tendances observées entre 2020 et 2025: 

  • la progression de la part des fonds consacrée à l'aide humanitaire; la coopération au développement demeure la principale catégorie d'action mais connaît une érosion de son poids relatif; 
  • la création d'une nouvelle région géographique «Moyen-Orient et Afrique du Nord» afin de rendre compte de l'ampleur des crises qui frappent cette zone et mobilisent des financements significatifs de la part des collectivités genevoises. Avec 19% des contributions totales, soit environ 7 millions de francs, cette catégorie devient d'emblée une importante bénéficiaire. L'Afrique subsaharienne demeure cependant la première région bénéficiaire avec 11,4 millions. 

> Lire l'article présentant les résultats du baromètre 2025 de la solidarité internationale.  

«L’objectif du 0,7% représente une boussole à la hauteur des ambitions de Genève, de sa vocation et de sa place dans le monde.» Catherine Schümperli Younossian

La conseillère d'État Nathalie Fontanet commente les résultats du baromètre 2025 de la solidarité internationale à Genève du point de vue du Canton. © David Wagnières

Engagement cantonal

Nathalie Fontanet, conseillère d'État chargée du Département des finances, des ressources humaines et des affaires extérieures, est aussi revenue sur les crises qui se cumulent: conflits armés, effets du changement climatique toujours plus importants et inégalités qui se creusent. «Ensemble, ces crises ont fait progresser très fortement les besoins de millions de personnes. Et au même moment, l'aide publique au développement connaît une baisse historique, conséquence directe des attaques répétées contre le multilatéralisme et contre les valeurs qui le fondent», estime-t-elle. 

En réponse, «le Canton de Genève a fait le choix politique de renforcer sa contribution régulière à la solidarité internationale et lorsque l'urgence l'exigeait de solliciter des crédits extraordinaires auprès des membres du Grand Conseil». Cela signifie qu'en cas d'urgence, de tels crédits passent devant la commission des finances du Grand Conseil et viennent s'ajouter au montant inscrit au budget du Canton. Le Grand Conseil a ainsi octroyé 5 millions pour répondre à la crise au Moyen-Orient, a rappelé la conseillère d'État. 

«Le Canton de Genève assure aujourd'hui près de 60% des fonds que les collectivités publiques genevoises consacrent à la solidarité internationale. Le Conseil d'État genevois a réaffirmé l'objectif de consacrer au moins 0,7 % de son budget de fonctionnement à la solidarité internationale et ce cap est même inscrit dans notre budget de législature», poursuit-elle. 

Certes avec 0,2%, le Canton n'y est pas. Mais, a relevé Nathalie Fontanet, «cet indicateur ne dit pas tout: il ne tient pas compte des 1,9 millions de francs dépensés au titre de la LAFONG, le dispositif d'aide financière mis en place par le Canton en avril 2025 pour soutenir les ONG touchées par le gel des financements internationaux. Ce montant ne comprend pas non plus 25 millions  investis par le Canton de Genève dans la Fondation d'adaptation de la Genève internationale (FAGI)», avec la Ville et la Fondation Wilsdorf pour aider les organisations internationales et les ONG à s'adapter aux changements, en particulier aux réductions de financement. «Si l'on intègre tous ces montants extraordinaires, nous serions évidemment bien plus proches du 0,7 % et ceci sans compter les efforts d'institutions telles que les HUG et l'Université de Genève, qui soutiennent aussi des projets de coopération internationale.» 

«Notre engagement en faveur de la solidarité internationale n'a jamais été considéré comme une variable d'ajustement budgétaire. Pour le Canton de Genève, la solidarité n'est pas une option: elle fait partie de notre identité. » Nathalie Fontanet

La conseillère administrative de la Ville de Genève, Joëlle Bertossa, lors de la présentation du baromètre 2025 de la solidarité internationale. © David Wagnières

Une politique publique à part entière

La conseillère administrative Joëlle Bertossa a pris la parole pour la Ville de Genève. Alors que la FGC fête ses 60 ans en 2026, elle a rappelé que l'action de la municipalité dans la solidarité internationale a également soixante ans: «En 1966, le Conseil municipal avait créé une première ligne budgétaire dotée à l'époque de 100 000 francs! Soixante ans plus tard, cet engagement est toujours là. En 2025, il représente plus de 8 millions de francs octroyés à la solidarité internationale. Ainsi, avec 0,69%, nous arrivons presque au 0,7%! Derrière ce montant, des actions concrètes: 172 programmes, projets et actions soutenus par la Ville de Genève dans 56 pays avec 113 organisations partenaires.» 

«Pour la Ville de Genève, la solidarité internationale est une politique publique à part entière. Celle-ci répond bien sûr à des situations d'urgence, mais ne peut pas se limiter à cela: les crises que nous connaissons aujourd'hui nous obligent à réagir rapidement lorsque des populations sont frappées par les conflits, les catastrophes ou les déplacements forcés, mais elles nous rappellent aussi l'importance de travailler dans la durée. Sur l'accès à l'éducation et à la santé, la réduction de la pauvreté et des inégalités, les droits humains, le renforcement des sociétés civiles ou encore le développement de projets qui permettent aux communautés de construire leur propre avenir. Répondre à l'urgence et préparer l'avenir ne sont donc pas des politiques différentes, elles sont absolument complémentaires», ajoute la conseillère administrative. 

«Dans un contexte où les crises se multiplient, où les besoins augmentent, la solidarité internationale ne peut pas être pensée uniquement comme une réponse ponctuelle. Elle doit rester un engagement dans la durée, capable de répondre aux urgences tout en s'attaquant aux causes profondes des inégalités. C'est cet engagement que la Ville de Genève entend poursuivre avec ses partenaires et notamment avec la FGC.» 

«La solidarité internationale ne doit jamais être une variable d'ajustement budgétaire. Elle doit rester un fondement de notre action publique.» Joëlle Bertossa

Au nom de l'ACG, la conseillère administrative Laurence Miserez commente les résultats du baromètre 2025 de la solidarité internationale à Genève. © David Wagnières

Une vision globale pour les communes

Conseillère administrative de Vandœuvres, Laurence Miserez a expliqué au nom de l'ACG que l'étude Solidarité Genève Sud «est toujours attendue par les communes parce qu'elle [leur] permet d'obtenir un précieux baromètre pour mesurer l'effort effectué et valoriser les taux d'effort de manière transparente puisque chaque commune agit pour elle-même avec son budget communal et que nous-mêmes ne savons pas forcément ce que fait la commune voisine. L'enquête permet donc d'avoir une vision globale entre nous.» 

Et d'ajouter que l'étude «souligne l'impact concret de la solidarité genevoise dans son ensemble, un engagement qui met en valeur non seulement les communes, mais la société genevoise dans son ensemble». Selon elle, la hausse de 26% du montant total alloué à la coopération internationale depuis 2020 «prouve que les communes genevoises restent engagées dans un effort constant pour représenter et transmettre cet esprit de solidarité qu'on peut même appeler l'esprit de Genève. Cet effort global progresse à l'image des charges de fonctionnement, dans un contexte très exigeant pour tout le monde. Alors nos communes sont amenées à arbitrer entre des priorités diverses. Leur objectif premier étant le maintien des services de proximité et toutes les autres politiques publiques qui sont nécessaires et vitales, la transition énergétique, la cohésion sociale par exemple et bien entendu la solidarité internationale.»

Laurence Miserez a également assuré que «face aux crises qui se multiplient, face aux désengagements internationaux, les communes genevoises assument leurs choix avec pragmatisme et selon les possibilités de chacune tout en conservant vif l'esprit de Genève, cette alchimie entre mondialisme et proximité. L'effort doit perdurer et les communes participent à cela. Le freiner reviendrait à perdre des années investis dans des dynamiques de développement qui coûteront bien plus cher dans le futur».

«L'esprit de Genève est bien vivant à l'échelon communal, les communes s'engagent à former les prochaines générations à la solidarité. Nous avons un devoir de nous engager pour un monde plus juste, plus solidaire et plus durable.» Laurence Miserez

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Solidarité Genève-Sud 2025

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