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L'arrivée de la Parade de la solidarité au Parc des Bastions. © Dorothée Thébert

«60 ans d’engagement», «60 ans de développement», «60 ans durablement»: mégaphone en main pour scander des slogans engagés, vêtus de costumes recouverts de sacs plastiques colorés omniprésents sur les marchés africains, une quarantaine de participant·e·s à la Parade de la solidarité ont arpenté les rues genevoises, samedi 30 mai dans l’après-midi. «Plastique toxique», «Solidaires pour la Terre»: les mots lancés à l’intention du public faisaient aussi le lien avec le thème de la protection de l’environnement et des déséquilibres mondiaux, au coeur de la démarche de Mer plastique.

Dans le sillage du chorégraphe malien Tidiani N’Diaye, créateur de ce travail artistique engagé avec qui la FGC s’est associée pour son 60e anniversiaire, les participant·e·s se sont élancé·e·s depuis la Maison de l’enfance et de l’adolescence (MEA) , dans le quartier de l’hôpital. Ils et elles ont traversé la place des Augustins, suivi la rue Dancet, se sont faufilés à travers le marché aux puces pour s’arrêter une première fois sur la Plaine de Plainpalais et se produire devant un public intrigué et curieux par ces gestes chorégraphiques collectifs. Deux autres performances ont été réalisées au Parc des Bastions devant des spectatrices et spectateurs nombreux et intéressés. 

 

Atelier de préparation de la Parade de la solidarité avec le chorégraphe malien Tidiani N’Diaye, auquel la FGC s’est associée pour célébrer ses 60 ans. La Parade défilera dans le quartier de Plainpalais et des Bastions le samedi 30 mai. © Dorothée Thébert

Tout au long du parcours, des membres des OM et de la Commission d’information ont distribué flyers et dépliants, et expliqué aux passants le travail de la FGC et de ses OM en faveur, depuis 60 ans, d’un développement plus juste, solidaire et durable. En collaborant avec Mélanie Rouquier, directrice de Shap Shap et Tidiani N’Diaye, la Fédération a choisi d’utiliser un vecteur de communication original pour marquer les esprits autrement. 

Le plastique et les sacs colorés à usage unique utilisés par l’artiste dans la Parade, la pièce Mer plastique et le solo dansé à la Salle communale de Plainpalais le soir-même, symbolisent les inégalités entre les pays du Nord et ceux du Sud global. Les seconds étant trop souvent le réceptacle des déchets des premiers, en raison notamment de la sur-consommation et de pratiques ni durables ni respectueuses de l’environnement. Grâce aux slogans réalisés lors d’ateliers participatifs préparatoires à la MEA, le plastique a servi de symbole pour appeler à davantage de justice sociale et climatique, un objectif au coeur des projets des OM de la FGC. 

Différences flagrantes

Comme il l’explique dans l’interview parue dans la Tribune de Genève, Tidiani N’Diaye utilise l'art et «la poésie pour aborder un sujet politique»: «J’ai voulu parler des déchets avec des objets beaux et fascinants, notamment par leur légèreté. Le fait qu’ils soient colorés aide à capter l’attention du public et à transmettre un message clair: nous sommes désolés pour l’état de ce monde qui nous nourrit et que nous détruisons sans penser aux générations futures». Lors des moments de répétition de la chorégraphie, qui ont permis aux participant·e·s d’apprendre à mieux se connaître, c’est aussi en déclamant un poème de son complice Emmanuel Lambert que le chorégraphe a expliqué son travail dans un «monde qui s’est emballé». 

«La matière plastique est certainement la plus à même de représenter notre monde mondialisé, globalisé, colonisé», estime Tidiani N’Diaye. «Elle est partout, utilisée par tous et toutes, mais ses usages marquent des différences flagrantes. Il ne serait pas pensable d’imaginer une décharge à ciel ouvert en pleine campagne française qui serait prise et pratiquée comme paysage naturel, source de revenu honnête ou air de jeu pour les enfants sans que cela ne fasse scandale.»

Occuper l’espace public

Prenant appui sur les gestes artistiques, la FGC a occupé l’espace public le temps d’un samedi après-midi et pu déployer haut et fort ses messages sur les valeurs de la solidarité internationale, plus que jamais nécessaires dans le monde interconnecté qui est le nôtre. Ces mots, clamés à l’unisson des 40 participant·e·s, l’ont résumé de manière simple et directe: «Solidarité, FGC !», «Partage, davantage !», «Agir, pour l’avenir !» et enfin ce slogan inspiré de celui de la Fédération qui reste toujours d’actualité : «Développement, en mouvement !» 


Les manifestations du 60e anniversaire de la FGC ont été réalisées grâce au soutien de la Ville de Genève, de la Loterie romande et de la Fondation Convergences, et avec la collaboration de Shap Shap, que nous remercions chaleureusement. 

«Esprit solidaire» no 10 I Saison 8 I 60 ans de la FGC

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