L'émission de mars sur Léman Bleu part à la rencontre de femmes agricultrices de la vallée du Ribeira, dans l'État de São Paulo, au Brésil. Dans cette région, un projet d'EFI (Espace Femmes International) avec son partenaire local, le Service de conseil et d'orientation de la famille (SOF), soutient des paysannes afro-descendantes quilombolas à la tête de petites exploitations familiales: il s'agit de renforcer leurs connaissances et pratiques agroécologiques ainsi que celle des marchés solidaires dans une approche féministe afin de leur permettre de vivre mieux et dans la dignité. Cette expérience concrète inspire des mouvements sociaux ruraux et urbains tels que l'Articulation Nationale d'Agroécologie (ANA) et la Marche Mondiale des Femmes (MMF).
Agroécologie et féminisme pour renforcer les femmes agricultrices au Brésil
La vallée du Ribeira, territoire de communautés afro-descendantes quilombolas et indigènes, est une zone forestière stratégique pour l'équilibre environnemental de l'État de São Paulo et du sud du Brésil, dont l'équilibre est menacé par le développement des industries extractives et de l'agrobusiness.
Par ailleurs, les femmes qui vivent dans cette région rurale font face à une division inégale du travail, ainsi qu'à un contrôle patriarcal rigide et à la violence. Cette situation, ajoutée à l'instabilité des revenus provenant de l'agriculture, conduit les femmes, surtout les plus jeunes, à aller travailler en ville, même si la perspective se limite à des emplois précaires.
Dans ce contexte, le projet vise à développer les pratiques agroécologiques qui réduisent la charge de travail des femmes, renforcent leur autonomie et augmentent la résilience de leurs communautés. Les femmes paysannes prennent conscience de la valeur de leur travail: celui-ci contribue de manière importante à nourrir et à faire vivre leurs familles tout en prenant soin de l'environnement. Autre axe du projet: il permet de renforcer les alliances des agricultrices avec les réseaux et mouvements agroécologiques, environnementaux, féministes, et de consommation solidaire.
Après trois phases successives sur une durée de huit ans, les activités se terminent. L'émission aborde notamment cette question: comment transmettre un projet de développement aux actrices et acteurs locaux afin qu'il perdure après la fin des financements genevois et suisses? En plateau, l'éclairage et les explications de Christine Verschuur, membre du Comité d'EFI.